Miel Meli
Le goût des Belges
© Sven Laurent
Je le sais, vous n’allez pas me croire, mais là soudainement, tout en vous écrivant le titre de cette page-ci, une révélation s’est faite dans mon esprit : Méli c’est l’acronyme de Miel. 41 ans que je vis avec ça sans le savoir. ARghhhhhhhhhhhh !
Mais qu’ont fait mes parents, pourquoi ma grand-mère, lorsqu’elle me conduisait au Méli Parc du Heysel, ne m’a-t-elle jamais rien dit ? Pourquoi tant de cachotteries ? Pour m’empêcher de vivre pleinement ma visite face à la demi-ruche vitrée ? Pour ne pas que je tombe en catalepsie en voyant la reine et son gros point vert sur le dos ? Heureusement aujourd’hui, le parc est à Adinkerke, ce qui est loin de moi. Ma grand-mère peut à la rigueur me servir de GPS lorsque je m’y rends, mais elle ne m’offrira plus jamais l’entrée. D’ailleurs, ai-je encore envie d’y aller ? Je ne suis même pas sûr qu’il y ait encore à l’entrée ce gros, gigantesque, énorme monstre aspirant qui demandait les papiers en articulant lentement d’une voix de basse. De ce temps joyeux de l’innocence, il ne me reste que les pots de miel. Aujourd’hui, souvent, ils sont liquides, mais il en subsiste encore du bien blanc, du bien laiteux, avec cette petite pellicule blanchâtre au sommet. Quand on passe la lame du couteau, la cuillère ou mieux encore la dernière phalange de l’index, c’est là-dedans que se marque la trace. Sur une bonne tartine de pain blanc, au beurre salé, c’est un bonheur total. Dans un thé chaud, François Copée prend son thé chaud, quand on a la gorge qui commence à gratter aux entournures, pour accompagner un mauvais cachet, c’est un bonheur total. Mais son plus bel usage c’était pour adoucir les soirées de ma grand-mère, quand elle se faisait chauffer une tasse de lait, avant d’y mettre une goutte de quelque chose de plus fort. Et de faire de beaux rêves.
Dépêche de dernière minute : on m’apprend à l’instant que le parc d’Adinkerke a vécu. L’abeille a été remplacée par un farfadet à bonnet rouge et à clochette. Et ce, depuis quelques années. Mais où va-t-on, je vous le demande ?






















