Le spéculoos
Le goût des Belges
© Sven Laurent
Je vous mets au défi de trouver un Belge qui n’a jamais mangé de spéculoos de sa vie ou s’il a été abandonné dans la forêt et élevé par une meute de loups. Hormis ces deux cas extrêmes, je ne vois pas comment un Belge digne de ce nom pourrait ignorer le goût du spéculoos et même ne pas y être accro… Enfin, là, je parle pour moi, mais c’est pareil pour vous, non ?
Normalement, les choses se déroulent comme suit. Durant sa première année de vie, le nourrisson va vivre au moins une fête de Saint-Nicolas (c’est fatal) au cours de laquelle son papy et sa mamy ne vont pas pouvoir s’empêcher de lui offrir le dernier Fisher-Price ainsi que le grand saint et père Fouettard en spéculoos. Et c’est le début de la fin. Il mâchonnera, avec émerveillement et bave brune sur le bavoir, son premier morceau de spéculoos. A la force des gencives ou des quenottes, en fonction de l’avancement du chantier dans sa bouche, il se délectera et ne tardera pas à s’enfiler tout le saint Nicolas. Voilà comment prend la sauce.
La Nöel viendra remettre une couche et peu à peu, de petits en grands spéculoos, qu’il trempera dans sa grenadine puis dans son coca puis dans son café (pour les dames) ou dans sa bière (pour les supporters des diables rouges), le spéculoos accompagnera le Belge tout au long de sa vie.
Ce dont je viens de vous entretenir, ce sont les spéculoos miniatures (les pockets à mettre plein les poches), mais il existe aussi le spéculoos de grande taille, format table pour huit ou presque, à peu de choses près. Celui que l’on met en forme dans des moules de bois représentant des personnages religieux et réalisés sur commande par des ébénistes dédiés. Spécialiste de la chose ainsi que d’autres biscuits traditionnels belges comme les pains à la grecque ou les sablés, la maison Dandoy à Bruxelles est La Mecque du spéculoos. A croquer en alternance avec les spéculoos Lotus pour ne rien perdre des goûts de notre enfance de Belge qui se respecte.




