Les ours en gomme
Le goût des Belges
© Sven Laurent
Les historiens font remonter l’origine du bonbon à 3000 ans, mais c’est au Moyen-Âge que son usage commence à se préciser. Et bien sûr, comme tout produit de luxe, c’est à la cour qu’il fait son entrée.
Le bonbon se consomme alors sous forme de confiture, c’est-à-dire de fruits confits, lors de grands événements, ou sous forme de calissons, de dragées, de massepains, de macarons, de confitures sèches, de pastilles, de sucres d’orge.
Les saveurs étaient élaborées à partir de fleurs et de fruits. Avec la betterave à sucre et le XIXe siècle, le bonbon devient populaire. Il est fabriqué dans les officines, les couvents ou chez les confiseurs.
Les gommes sont apparues dans les années 50. On peut d’ailleurs dire sans trop se tromper que les ours en gomme sont l’un des changements majeurs de l’après-guerre. En effet, outre leur sourire ravageur et leur prénom en « y », les GI avaient la fâcheuse manie de chiquer. Avec leur venue, la gomme arabique, sève d’un arbre mexicain, a pris d’assaut le territoire et les cuves des confiseurs. Et arriva ce qui arriva. Le sac d’ours en gomme. Que ce soit le grand modèle pour la famille nombreuse ou la petite pochette de l’épicerie en bas de la rue, nous avons tous mangé, nous en mangeons tous et nous en mangerons tous ! Pour ma part, j’ai un faible pour le grand sac. Dans l’armoire, il a un effet rassurant. Quand il n’y en a plus, on est tout perdu, un peu comme quand il n’y a plus de papier WC ou de gel douche. Dans une maison, c’est indispensable et je parie que ce n’est pas vous qui allez me contredire. Moi, les noirs, c’est mon truc. Je les mange toujours à la fin et tous à la fois.




