Le bigorneau
Le goût des Belges
© Sven Laurent
Le bigorneau est un petit coquillage que l’on pêche à pied dans les anfractuosités des rochers de la côte bretonne, voire normande du sud. C’est donc tout à fait une spécialité belge. Bruxelloise, surtout. Le bigorneau de chez nous ne sert pas à faire des sauces, ni des pâtés, ni même des flans. Non, notre bigorneau est un truc pour passer le temps en attendant de manger un truc sérieux. Un amuse-gueule, quoi. Vous recevez vos bigorneaux dans un petit ramequin en verre, sur l’assiette. Juste à côté des bestioles, il y a un bouchon recouvert de papier d’aluminium et planté d’épingles. Tout l’art de la consommation du bigorneau consiste à enlever le petit opercule noir d’un coup d’épingle sans sukeller inutilement, et puis à choper la bestiole d’un seul coup. On peut accompagner la chasse aux bigorneaux d’une tartine au beurre. Mais c’est faisable sans.
Par contre, une bonne gueuze ou, mieux encore, un vieux lambic sera parfait pour le mariage. Attention, le bigorneau, même s’il a la coquille crollée, n’est pas une caricole. Jamais, au grand jamais. Et ce n’est pas parce que les mêmes marchandes les vendent qu’ils sont cousins. C’est clair ?




