La couque de Dinant
Le goût des Belges
© Sven Laurent
Evidemment, faire Dinant sans s’offrir une couque, c’est un peu sot. Pourtant, pour emporter une couque, il faut respecter quelques principes de base. Premier point fondamental, ne pas vouloir la manger de suite. Premier point fondamental bis : ne pas vouloir à tout prix croquer dedans un grand coup, sous peine de se faire appeler par ses amis pendant quelques semaines : “N’a qu’une dent”. La couque de Dinant se déguste peut-être, mais avec de la ruse. Par contre, et là se trouve le deuxième point, ne pas la laisser tomber sur le pied si on ne porte pas de chaussures de sécurité. C’est que la chose est bien dure. Trêve de plaisanterie douteuses et éculées sur le sujet, le travail de la couque est un secret jalousement préservé par quelques maisons de la ville.
Ricanez tant que vous voulez, mais il s’en exporte aux quatre points cardinaux et même jusqu’au Japon. Composée de farine de froment (jadis épeautre) et de miel, la couque de Dinant daterait du XVIIIe siècle. Si la recette n’est pas compliquée, le “secret de fabrication” quant à lui réside principalement dans la technique de cuisson, transmise de génération en génération par les familles de couquiers. Les couques, un peu à l’instar des spéculoos, sont moulées dans des moules en bois travaillés à la main. Ces moules permettent de donner aux couques cuites les formes les plus diverses, de la grappe de raisin à une vue de la ville depuis la citadelle.




