La tarte al djote
Le goût des Belges
© Sven Laurent
Si vous ne voulez pas avoir l’air de l’espion qui venait du froid, dites simplement : une djote. Il existe trois variétés de djote, la verte, la nature et la mitoyenne qui est verte et blanche. La verte est en fait un mélange de bétchèye (boulette) et de bettes. La blanche ne reçoit pas les bettes. La boulette de Nivelles, ou de Florenne voire de Romedenne en ce qui concerne une grande partie de la production nivelloise de djote, est un fromage de vache fait au lait entier, traditionnel de nos régions. Dans certains coins de Wallonie, on le nomme aussi cassette. L’origine du mot djote viendrait peut-être du nom ancien de la bette qui semble être jote.
Quoi qu’il en soit des origines de cette spécialité tout à fait nivelloise, un ingrédient ne peut jamais manquer, c’est le bon beurre que l’on doit impérativement faire fondre à la surface de la tarte. Parce que toujours et surtout, une djote doit être bin tchaude, bin blète è qu’èl bûre dèsglète (bien chaude, bien mûre et que le beurre dégouline). En se rappelant qu’à Nivelles, on n’a jamé strône avè du bûre (on ne s’est jamais étranglé avec du beurre). Bon, ceci dit, la djote a ses fanatiques défenseurs, plus ou moins toute la population nivelloise et ses malcomprenants : plus ou moins le reste de la planète. C’est que la première que l’on a mangée, si l’on n’est pas natif de la cité, on ne l’oublie pas facilement. Après, à partir de la deux cent cinquantième, une relative habitude se crée et l’on commence à vraiment aimer ça.
Bien évidemment, à Nivelles, et seulement là dans le monde, plutôt que de commander une pizza à la maison, on fait venir une camionnette qui livre la djote à domicile. Avec le petit pot de beurre en sus, je vous prie !






















