La Babelutte
Le goût des Belges
© Sven Laurent
Dites donc, là-bas au fond de la classe, les deux babeluttes, vous allez vous taire ou ça va barder. C’est pas la peine d’essayer de parler en stoemmelings, on vous entend jusqu’à l’estrade ! En tous cas, vous serez de corvée frotteur toute la semaine.
Tout le monde sait ce qu’est une babelutte. C’est quelqu’un qui babbel ou qui bavarde. En ce qui concerne la célèbre confiserie de Furnes et de toute la côte belge, c’est juste le contraire. Le mot « babelutte » vient bien du néerlandais « babbelen » mais le « utte » final (et non la lutte finale) signifie « uit » qui marque la fin. La fin de la conversation. Ce qui veut dire texto : « bavarder terminé ». Car quand on suce une babelutte, il est impossible de parler. D’ailleurs, on ne parle pas la bouche pleine bien que, quand on suce quelque chose, il soit possible de faire des pauses. Oui, les pauses sont permises en ce qui concerne les grandes babeluttes en caramel torsadé emballées dans un joli papier qui permet de les passer d’une main à l’autre sans qu’elles restent jointes dans une supplique désespérée. Pour les petites babeluttes de 4 centimètres, il est impossible de pauser et même résolument déconseillé de parler, de porter un appareil dentaire à plaquettes et élastiques roses ou d’avoir été opéré des amygdales récemment sous peine de regretter amèrement d’avoir cédé à la tentation






















