La praline
Le goût des Belges
© Sven Laurent
Ouais, Madame Van Pee, votre strattier a encore posé une praline sur mon paillasson. Heureusement pour elle, Madame Van Pee est de chez nous depuis longtemps, elle sait ce qu’est une praline. Pour peu qu’elle eût été de France par exemple, elle eût pu se demander de quoi il retournait. Je ne dis pas pour le strattier, ni pour le paillasson, mais, dame ! pour la praline. Cette merveille, plaisir de nos palais royaux depuis quelques nombreuses années, doit sa naissance à un pharmacien suisse. Merci l’histoire de Belgique, n’eussions-nous point été aussi souvent envahis et sous domination étrangère, nous n’eussions pas été aussi créatifs. Ce brave Monsieur Neuhaus eut, il y a un ballotin d’années déjà, l’idée fulgurante d’utiliser des moules en creux pour y couler du chocolat liquide. Après une petite manipulation, on obtient de belles coques qu’il n’y a plus qu’à fourrer. Avec de multiples saveurs, matières et textures. Chez nous, le praliné règne en maître, mais il est d’autres producteurs, d’autres chocolatiers qui ont découvert d’autres goûts. Nous devons aussi à cette époque l’invention du ballotin, mais ça, nous ne le mangeons pas directement, donc pas le sujet du jour.
Chez nous, la praline est plutôt grosse. Elle pèse entre 15 et 18 grammes, et se mange difficilement en une seule bouchée. Malheureusement, la plupart d’entre nous se sentent obligés de les conserver au frigo, ce qui est une catastrophe gustative. Imaginez une praline classique fourrée de crème fraîche sortant du froid. On a l’impression de croquer dans du beurre frais. Vous avouerez que c’est plutôt moyen comme sensation.
Depuis quelques années, des artisans praliniers ou chocolatiers s’efforcent de changer les habitudes. Des chocolats plus petits, des saveurs plus originales et des formes un peu différentes. Le chocolat de chez nous se réveille doucement. Et c’est une bonne nouvelle.






















