La Mandarine Napoléon
Le goût des Belges
© Sven Laurent
D’après certaines bribes d’histoire accrochées à ma mémoire, un peu comme les brins de foin de ma jeunesse impétueuse, je crois me souvenir que la région de l’Entre-Sambre-et-Meuse est la région d’Europe qui a perdu le plus de fils sur les champs de bataille de l’Empire. Proportionnellement à ceux qui étaient partis. Pourtant, il n’y a qu’à se trouver à l’aube de la Saint-Roch à Thuin, de la Sainte-Rolande à Gerpinnes, de toutes ces fêtes exceptionnelles de la région, pour comprendre que la rancune n’est pas une caractéristique locale. Au son des fifres et des tambours, vêtus des uniformes des armées de cette époque terrible, soldat d’un jour, officier de location et cantinières par amour escortent les châsses dans des pèlerinages où le païen le dispute parfois au sacré. Tout ça pour introduire la Mandarine Napoléon. C’est dingue. Quel travail, personnellement, je n’en reviens pas. La Mandarine Napoléon n’a rien à voir avec les marches, sauf peut-être lorsqu’elles sont à la fin, alors tous titubent de la même manière. Buveurs de Mandarine et marcheurs d’Empire, unis dans un même pas fatigué. La Mandarine est une spécialité nationale, à base d’écorce de... mandarine et d’alcools. Elle est élaborée depuis quelques décennies par les établissements Fourcroy à Bruxelles. C’est même eux qui en possèdent la recette originale. La Mandarine est la compagne idéale des crêpes flambées et des petites Madamekes qui les consomment le long des digues d’Ostende ou d’ailleurs, d’un air digne l’après-midi, un bichon pour tout compagnon.






















