Les lards
Le goût des Belges
© Sven Laurent
Au rayon confiserie, on tient le bon bout en Belgique et on n’a que l’embarras du choix. Le gros problème, avec les lards, c’est qu’il y a un âge pour les manger, ce n’est pas comme pour la lecture d’un album de Tintin permise de 7 à 77 ans ! Avez-vous déjà vu un adulte, non accompagné d’un morveux aux genoux éclatés, s’asseoir nonchalamment sur un banc au soleil, sortir un sachet de lards de sa poche et prendre le temps de les déguster ? Non ! Et pourtant, ce truc nous en avons tous mangé et nous en avons toujours le goût en mémoire. De là à renouer avec la tentation, il n’y a qu’un pas, franchissons-le.
Le lard est une gomme, un gélifié, un mélange de sucre et de gélatine qui se décline en version « au chocolat » ou « sans chocolat ». Le lard étalon mesure une dizaine de centimètres et colle vaguement aux doigts. Mais nettement moins qu’aux dents ou au palais. A ce propos, je me permets une petite remarque : s’il est vrai qu’il n’y a pas d’âge pour les manger, leur consommation est cependant déconseillée aux porteurs de dentier ou de dent-pivot pour risque de fausse déglutition. Il existe aussi des mini-lards de goût tout à fait similaire et qui se mangent en une seule bouchée. Si cette taille est pratique, de tels lards sont réservés aux urgences quant on n’a pas la possibilité de tenir un lard entier en main. La version « au chocolat » est la plus sympathique des deux. Quand on joue à tordre la chose avant de l’engouffrer, les craquements de la couche externe de chocolat n’est pas de trop pour compenser une certaine insipidité qui fait pourtant le charme de ce bonbon. La version « sans chocolat » est bicolore et se présente comme une tranche napolitaine tronquée d’un coloris. Il n’est pas facile de dissocier la saveur des deux couleurs d’autant qu’on les attaque généralement en même temps.
Voilà, vous savez ce qu’il vous reste à faire la prochaine fois que vous passerez devant un confiseur : en pousser la porte !






















