Le massepain
Le goût des Belges
© Sven Laurent
Il ne faut pas confondre massepain et pâte d’amandes. L’un est réservé aux scouts avant les fêtes de fin d’année, l’autre est franchouillard. Il semblerait pourtant qu’il s’agisse de la même chose à une ou deux amandes près. Oui, mais qu’est-ce que du massepain ? L’histoire du nom est étonnante. Il faut remonter au mot arabe “mautaban” qui veut dire : personne qui s’assoit d’une manière majestueuse. Ce nom est aussi une pièce de monnaie byzantine qui était utilisée au temps des croisades dans la région du Levant. Sur l’une de ses faces était représenté le Christ assis. Aux environ de 1193, les Vénitiens ont commencé à utiliser des pièces de monnaie similaires appelées “matapan”. Par la suite, ce mot s’est appliqué à une taxe de 10%. Au XIIIe siècle, c’est devenu le nom d’une petite boîte : “moggio”, connue à Venise sous le nom de massepain. Au XIVème siècle, c’est devenu le contenu d’une boîte : une confiserie à base de sucre, d’amandes et d’extrait de rose. Depuis, le massepain s’est étendu à travers l’Europe de l’Ouest. En France du Sud-Ouest, en Périgord, le massepain est une pâtisserie qui ressemble à un Savoie, mais en Quercy, juste à côté, c’est déjà autre chose. Aux Pays-Bas, c’est l’instrument de jet favori de saint Nicolas.
Et chez nous ? Ben, chez nous, c’est presque de la pâte d’amandes, mais en mieux. Le massepain à notre mode se mange petit à petit, se grignote sans cesse, l’air de rien, c’est un des carburants préférés du mouvement perpétuel, on y vient et revient sans cesse. Le massepain se vend en pain de 250, 500 g, en forme de bestiole ridicule ou de mignon cochon rose, par des enfants habillés de culottes courtes. Il se mange froid, en faisant des petites tranches, des cubes ou des boulettes. C’est une gourmandise d’hiver qui accompagne les clémentines et le spéculoos, lorsque chaque soir on prépare une carotte et une bière pour saint Nicolas et son pote noir. Il existe des variantes du massepain où l’on ajoute des pistaches, ou des noix ou n’importe quel truc sec. Mais le vrai, le seul, l’unique massepain est beige, à base d’amandes. Il existe aussi des façons de le manger, grillé ou même, mais c’est pour les pervers seulement, chaud, grillé au four. C’est le genre de truc qui prend au moins cinq ans avant d’être digéré.






















