Les ribbetjes
Le goût des Belges
© Sven Laurent
Il était temps de parler de ce qu’il y a dans le ventre de tout Belge. Ce qu’il s’y met, on en parle depuis des pages. Ce qu’il y a dans ce ventre à vide, pas encore. Le Belge a une brique dans le ventre, je ne fais qu’énoncer un fait unanimement reconnu. Ce qu’on oublie souvent de préciser c’est que c’est une brique réfractaire. Celle qui fait partie du barbecue sans lequel un bon Belge n’est pas heureux. Le barbecue et le bruit de la tondeuse sont synonymes de soleil et si le Belge n’a aucune envie de s’expatrier, il n’est jamais plus heureux que quand le soleil luit sur son coin de pelouse.
Le Belge a plein d’idées culinaires en rapport avec le barbecue. Autant il sèche parfois sur le menu du soir, autant ses neurones s’agitent dès qu’ils sentent le charbon de bois.
Le Belge, en plus de sa brique dans le ventre, a une âge de gamin. Il adore sucer et manger avec les doigts. Nous n’y pouvons rien. C’est un atavisme qu’il serait inutile de nier et puis c’est tellement bon. Les ribbetjes sont des travers de porc qui se prêtent merveilleusement à la réalisation de ces travers de Belges. Dans l’immense majorité des cas, les ribbetjes sont marinés. La recette de la marinade varie d’un ménage à l’autre. Si l’on veut faire facile, on les achète déjà marinés histoire de faire des taches orange dans toute la cuisine avant d’atteindre les braises. Dans le cas où il s’agit d’une marinade maison, le secret de sa fabrication sera immanquablement révélé à l’heure de passer à table afin de récolter les compliments mérités.
La cuisson doit être suivie minutieusement, un verre de Blanche à la main, l’autre dans une manique et un œil sur les enfants qui tapent le ballon un peu trop près de la sacro-sainte grille. Certains adeptes du barbecue mettent beaucoup de bonne volonté à carboniser les ribbetjes pour avoir un pu plus de croquant sous la dent. Qu’ils soient respectés, c’est leur choix. L’ultime étape vient à table. L’attaque doit être franche. Pas de manœuvre détournée pour entreprendre la bête. La mâchoire doit se mettre d’emblée sur le petit braquet car la route est longue. Si les serviettes ne se sont pas envolées, il est possible de s’essuyer la moustache avant les pauses « petit rosé bien frais ». Bon appétit.






















