Le bloedpens
Le goût des Belges
© Sven Laurent
Le bloedpens ou encore le bloempanch en bon brusseleir n’est pas un boudin noir comme les autres. D’ailleurs, il suffit de le regarder pour s’en rendre compte. Tout d’abord, il y a sa grosseur. Nettement plus importante que celle du boudin de Noël. Puis il y a les morceaux blanchâtres qui truffent la bête. Tout cela mérite un brin d’explication.
Comme je l’ai suggéré dans l’introduction, le bloedpens est une spécialité bruxelloise dont l’origine remonte a bien longtemps. On lui a donné une kyrielle de noms sympathiques allant de « bifteck à carreaux » à « butsteik mè roeite » ou encore « jambon du Congo ».
A la base, comme pour tous les boudins, il faut du sang de porc et des boyaux pour donner une forme à l’histoire. Ceux du bloedpens ne sont pas de porc mais de bœuf, ce qui lui confère ce diamètre impressionnant donnant des aires de bifteck une fois découpé. Les morceaux blancs sont en fait des parties de tête de porc : des cartilages, des bouts d’oreilles, de museau. Entrent aussi dans la préparation des lardons et de la couenne de lard. Rien que des choses légères et diététiques. Il faut un liant à tout cela. Pour le bloedpens, c’est classiquement la farine de sarrasin et aucune autre. Les épices comme la cannelle, la muscade et diverses herbes se chargent se rehausser le goût d’ensemble. Le bloedpens se consomme froid, en tranches ou tiède et vaguement écrasé à la fourchette. Dans un estaminet bruxellois avec une bonne bière, bien sûr.






















